Andrea D'Amario

Volume
Vidéo, Installation, Arts numériques
Démarche artistique: 

Le monde n’est pas que ce que l’on en voit, mais bien plus encore. Comme le dit si bien Merleau-Ponty dans son livre “L’œil et l’esprit” : “Depuis Lascaux jusqu’à aujourd’hui, pure ou impure, figurative ou non, la peinture (plus largement, l’art) ne célèbre jamais d’autres énigmes que celles de la visibilité.“ Nous savons aujourd’hui grâce aux études récentes que notre cerveau reconstruit en permanence notre entourage visuel, traitant les données apportées par l’appareil sensitif pour donner sens aux choses du monde qui nous entourent. Impossible alors devient l’observation du monde « vrai », car chaque homme perçoit la réalité à travers de son propre prisme.
La perception visuelle du monde se fait uniquement grâce aux photons nous parvenant de notre étoile, lesquels rebondissent sur les choses de notre environnement pour atterrir dans notre rétine avant d’être analysés et interprétés par notre cerveau. Sans ce mécanisme nous serions plongés dans l’obscurité. Ce processus m’intéresse au plus haut point et c’est pour cette raison que ma recherche plastique s’oriente désormais vers un travail en relation avec la lumière. C’est avec cette dernière que j’entreprends d’emmener le médium de la peinture vers un autre espace, comment peindre sans pigment, comment la sortir du cadre, la sortir du mur, pour qu’elle vienne occuper les trois dimensions de l’espace et envelopper le spectateur.
Les domaines d’étude de l’astrophysique et de la physique quantique nous ont livré ces dernières décennies de nouvelles données concernant le comportement de la lumière et ces disciplines continuent de remettre en cause notre perception de la réalité, comme l’a dit Neil Bohr, un des fondateurs de ce domaine : « Si la mécanique quantique ne vous a pas profondément choqués, c’est que vous ne l’avez pas encore comprise. ».
Ces découvertes, telles que celles mises en évidence par l’expérience des Fentes de Young de 1801, prouvent la capacité de la lumière à se présenter soit sous forme d’ondes, soit sous forme de particules, (selon si elle est observé ou non). Cette réalisation révolutionne la compréhension de la nature même de notre monde, perçant la trame de la matrice pour révéler les secrets du « Noumène». Que les photons changent d’essence selon qu’ils sont observés ou non, révèle un aspect quasi magique de la réalité. Comment les photons réalisent-ils qu’ils sont observés, sont-ils alors pourvus d’une certaine conscience, et si c’est le cas, alors, quelles sont les limites de ce que nous nommons conscience ?
Mon investigation s’oriente vers la fusion de l’art, des sciences, de la philosophie, de l’architecture, de l’ingénierie et des autres domaines de connaissances étudiés par l’homme, dans le but de mieux comprendre le monde et revenir à la conception de l’artiste « complet ». Il me paraît nécessaire, vivant à une époque de grands changements, de me détacher des carcans traditionnels de la vision de l’art actuel pour tenter de créer une œuvre intelligible par tous, sans frontière linguistique ou culturelle dans le but de toucher le plus grand nombre.
Ce sont ces questionnements, amenés par d’anciens ou de plus ressent penseurs comme Platon, Aristote, Lao Tzeu, ou encore Kant, Husserl, Heidegger et Foucault, lesquelles me guident pour le développement de mes travaux. Sans jamais tenter de les présenter de manière exhaustive, je crée des expériences passant de l’optique à l’haptique sans frontière claire, impliquant parfois l’œil du spectateur, parfois son corps, parfois les deux réunis.