Frédéric Nolleau

Peinture
Photographie
Démarche artistique: 

Frédéric Nolleau est graphiste indépendant et artiste plasticien.
Tout en menant son métier de graphiste, il a développé sa pratique du dessin et de la peinture mais également de la photographie, de la gravure et de la sculpture ; il a donc expérimenté patiemment toutes sortes de techniques et de modes d’expression plastique.
Les travaux actuels sont l’aboutissement d’une exploration qui petit à petit s’est affinée et resserrée pour correspondre à son langage personnel.

Le croisement d’une approche photonumérique et de moyens picturaux classiques crée
une véritable singularité : le paysage perd de sa réalité pour laisser émerger une vision
plus intérieure, poétique, brouillée comme un souvenir incertain, où le rêve n’est pas loin,
voire il domine la scène.
Fred choisit et photographie des lieux, des bâtiments, des paysages. Après le travail à l’ordinateur et l’impression, vient celui de l’atelier : marouflage sur toile, reprise, recouvrements ou effacements partiels avec des pigments à l’huile, des essences, des cires… L’aspect change sous l’effet d’une alchimie qui laisse place aux accidents, au hasard et accepte la part d’inconnu et de risque de toute entreprise artistique.

Ainsi de l’image numérisée, reproductible à l’infini, modifiable en un clic, surgit petit à petit
une œuvre unique, sensible, transformée par le geste et le jeu des matières et des jus.

Tout cela implique une belle maîtrise technique et de multiples étapes ; elles sont pourtant inapparentes, et rien de ce long et laborieux processus ne se fait sentir, bien au contraire : le tableau est là comme une évidence, une présence presque palpable, avec ses confusions, ses cicatrices et ses zones de trouble. L’image semble avoir survécu et traversé le temps. On a l’impression de la connaître déjà, l’émotion naît devant des toiles silencieuses, souvent sombres et embuées, aux tons sourds où le temps est suspendu.
La réalité du lieu s’est effacée au profit d’un intemporel non-lieu, tapi dans une mémoire commune, que l’œuvre rend visible et nous livre.

Yo, plasticienne, 2015