Brigitte Batteux

Peinture
Volume
Vidéo, Installation, Arts numériques
Démarche artistique: 

« PASSEURS » 2010

Exposition présentée au musée Bargoin,
musée d’ethnologie et d’archéologie

La proposition qui m’a été faite d’exposer dans un musée d’archéologie et d’ethnologie est une véritable ouverture dans ma quête sur « l’identité », elle n’est pas arrivée par hasard car j’ai toujours eu ce regard, cette attention, étudiante je suivais les cours d’ethnologie de Jean Laude à la Sorbonne.
Il n’est donc pas étonnant de constater que c’est mon travail d’artiste qui me ramène aux sciences humaines.
Cette exposition en ce lieu va me permettre de sortir des chemins traditionnels de l’art contemporain, lieux où la spécificité est immédiate. Alors que dans ce musée je m’autorise à donner une impulsion, une dynamique vers l’ouverture au monde…
Dans une société où « tout » est répertorié, « sectorisé », il me plait beaucoup de pouvoir pousser les barrières et d’entrer dans l’immense cour de l’humanité, d’aller sur la trace de l’homme, de « pénétrer sa mémoire ».
De la naissance à la mort, il y a un espace, un temps, c’est de cet espace-temps dont il est aussi question. L’Homme en devient le passeur.

Pour réaliser ce projet j’ai utilisé des matières qui sont proposées dans la collection du musée que ce soit, le bronze, les tissus… J’ai aussi souhaité confronter à ces techniques ancestrales des « technologies »contemporaines. Ce n’est pas que le fait de travailler un matériau particulier mais la nécessité de créer d’autres concepts de pouvoir de pensée, de pouvoir de volonté, de pouvoir de sensibilité.

J’ai voulu à travers cette déambulation confronter le visiteur à sa propre réalité, qu’il soit « acteur ». Je souhaite que ce concept de « passeur » suscite de lieu en lieu des sensations lointaines ou oubliées, qu’elles surgissent inopinément et permettent d’aller chercher loin, très loin, le moindre indice de « sens » avec la vie… La mythologie individuelle ne sert-elle pas de fondement à la pensée universelle ?

Cosmos - 2015 - 2020

Le projet « Cosmos » ou « l’impossible mesure du temps » m’a demandé 3 ans de recherche, tant sur un plan pictural que conceptuel.
Le travail a commencé lorsque j’ai « habité la nature », ce lien très fort et l’immersion dans ce territoire sauvage m’ont permis de ressentir physiquement l’immensité de l’Univers. J’écrirai plus tard sur ces sensations particulières qui m’ont donné la possibilité d’aborder « l’idée du cosmos ». Des lectures scientifiques se sont imposées et m’ont permis d’accéder à une meilleure compréhension bien que je sois encore dans le préambule…
Je me suis alors confrontée à la réalisation picturale, quelle technique pourrait me permettre de traduire l’inimaginable puisque notre esprit ne peut pas saisir ce qui le dépasse ? Malgré toutes les recherches scientifiques nous avons du mal à penser une dimension immensurable, je suis allée voir du côté de mes sensations. C’est donc après 3 ans de recherche picturale que je suis parvenue à approcher une technique qui allait me permettre de traduire (modestement) mon « idée du cosmos »?
Travail à l’acrylique sur papier, recouvrements multiples de couleurs puis effacements répétés, aller chercher toujours plus loin la couleur celle que l’on ne peut pas encore discerner, celle que l’on n’a pas encore imaginée… comme un archéologue « remonter le temps » dans la matière ! Ce geste de recouvrement puis d’étirement de la couleur* traduit cette idée d’infini et de mouvement.
Ces peintures sur papier (0, 62 m x 0, 75 m) sont marouflées sur médium.
Ensuite le grand format s’est imposé (1, 63 m x 1,72 m), peinture à l’huile sur toile. Ces derniers demandent une autre façon de travailler avec la même technique, la difficulté augmente et l’intérêt aussi. Susciter l’idée de continuité de la peinture au-delà de la toile ne pas l’enfermer…d’où l’insertion de la ligne et du triptyque. Elle peut à l’ infini se poursuivre !

Génération anthropomorphe 2013 - 2018

Ce projet a été mis en place suite à une proposition de « workshop » dans le lycée technique « Roger Claustre » à Clermont-Ferrand.

A la naissance de mon premier petit fils, de nombreux questionnements sont survenus, qui ont provoqué une nécessité de re - penser la naissance, par rapport à la mère, au père, à la société. Dans ce projet Je pose les questions de la signification de la création lors de l’enfantement, de la place du père qui s’approprie cette naissance, de la place de l’enfant dans la famille et dans la société et je soulève le problème de notre rapport au temps. Je parle de 3 générations, la notion de temps s’impose alors comme une autre nécessité qui va me ramener à l’Univers, un projet pictural mené parallèlement.
Pour ce projet j’ai réalisé/
- 3 empreintes de visage en alginate, celui du père (67 ans), du fils (42 ans) et du petit-fils (5 ans). Puis à partir de ces empreintes j’ai effectué 3 moulages en plâtre. A leur tour, les élèves du lycée ont exécuté une empreinte en silicone sur les 3 plâtres, pour ensuite faire 2 tirages en résine de chaque tête, une translucide, l’autre noire, afin de jouer avec la lumière. Soit 6 visages.
- Vidéo de la rivière « Sioule » - Le temps s'écoule inexorablement ou pas? Ici se pose la question du temps, du présent. Située en un point précis je filme l’eau qui s’écoule, je suis dans le présent mais comme le temps, l’eau est insaisissable. Si le présent ne peut être puisque déjà il est passé où il n’est pas encore venu celui que l’on attend alors comment définir le temps. Je suis toujours dans le présent sinon on parle du passé, celui que l’on connait ou du futur celui que l’on ne connait pas encore mais là au moment où j’écris je suis dans le présent qui très vite va devenir passé mais moi qui existe ou vous, nous qui sommes, nous vivons dans le présent toutefois ce présent que l’on ne peut jamais saisir existe-t-il ?