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Clelia Barthelon Tayouche a ramasser avant la pluie argile crue

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Démarche artistique :
J’ai toujours eu envie de produire des œuvres drôles mais malgré tous mes efforts, le résultat est toujours fondamentalement tragique.
La célébration fait apparaitre les disparitions, les fantômes. Des paillettes tentent de mettre en lumière des éléments invisibles ou des souvenirs qui s’estompent mais en même temps, elles s’immiscent dans tous les recoins possibles. C’est beau mais c’est chiant les paillettes. Alors je crée des aventures qui s’avèrent banales, des peintures tristes, des gourmandises factices, des balançoires fatiguées, des contes de renards et de champignons où tout le monde meurent, des filtres Instagram qui reproduisent des blessures, des boulangeries qui tirent leur révérence, des sérigraphies monstrueuses ou fantomatiques, ou encore des piñatas de mammouths sacrifiés.
Je cherche souvent à reproduire des expériences que je pense être communes, des souvenirs collectifs, des habitudes générationnelle, qui se traduisent par des vidéos, de l’écrit, des performances ou des accumulations de bibelots qui deviennent des sculptures proches de l’installation. Derrière l’exubérance de certaines pièces, d’autres prennent place à l’abri des regards, réservées aux spectateur·ices qui scrutent surtout dans les recoins.
Ces œuvres sont le produit de fouilles menées dans mon passé. Je les réalise en réaction à des objets ou des images qui ont marqué mon histoire personnelle, étonnamment remplie d’animaux, que ce soit les miens ou ceux que je croise. Je documente, trie, archive, scanne, modifie, répare, reproduit. Je ne suis pas certaine que ces souvenirs soient toujours vrais. Je crois que je mens souvent sans le vouloir, mais peu m’importe. J’essaye de me persuader que mon enfance, marquée par les années 90, le prolétariat rural et une histoire familiale de l’immigration algérienne, a été normale, malgré les décès successifs, bien trop tôt, de mes parents et grands-parents. En réalité, pendant des années je n’assumais pas l’aspect auto-biographique par peur de l’apitoiement, mais je me suis rendue à l’évidence que ce passé transpirait dans mon travail et que c’était lui qui rendait la fête mélancolique. Travailler ses souvenirs, c’est vouloir empêcher à tout prix qu’ils ne se fanent.
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